Tentative d’analyse du premier tour des Régionales

PS: 29,5%
UMP: 26,3%
EE: 12,5%
FN: 11,6%
FDG: 6,1%
MODEM: 4,3%
NPA: 3,4%
LO: 1,1%

Quelques commentaires sur les scores d’hier soir:

La faible participation favorise les partis « institutionnels » qui disposent de troupes mieux organisées, et de plus d’électeurs qui votent par habitude. Le FN, le PS et le Front de Gauche grâce à la force de frappe du PC s’en sortent donc pas trop mal. C’est le résultat de la non-campagne.

Europe Ecologie profite de la dynamique des Européennes, mais perd déjà 4%, chute qui ne fait que commencer. C’est bien de prendre la place des autres sur le thème du dépassement des clivages anciens. Encore faut-il assumer derrière et pas retourner à la soupe dès que l’occasion se présente. C’était très drôle hier de ce point de vue, comme le discours change tout à coup. Certains de leurs électeurs ont du rire jaune. On verra à long terme ce que donne cette stratégie, mais Europe Ecologie, c’est redevenu ni plus ni moins que les Verts depuis hier soir. Quand les gens auront compris qu’ils ne proposent que restriction et décroissance comme solution, ils arrêteront de voter pour eux.

Le grand vainqueur, c’est bien le PS, qui reprend sa position hégémonique à gauche, et qui pour le moment n’est plus inquiété ni par le centre ni par les écologistes, ces derniers ayant abandonné toute idée d’être autre chose qu’une force d’appoint pour le parti de Martine Aubry. Restera pour eux à résoudre la question du candidat, car si le grand vainqueur est Martine Aubry, Ségolène Royal a aussi gagné des points hier soir. ça devrait se jouer entre ces deux là pour la candidature.

Plus personne n’assume de voter pour l’UMP dans un premier tour. Leur stratégie d’union fait un peu peur. Un seul chef pour une seule union à vocation ultra majoritaire sur tout le pan centre-droite-droite patriotique-chasseurs, ça peut provoquer un blocage des électeurs, surtout quand le chef en question subit un désamour absolu même au sein de ses troupes. Au deuxième tour éventuellement, pour contrer le PS, il y a du monde, mais pas de bol, le FN a fait un bon score et va les pourrir dans des triangulaires.

Le MODEM a-t-il encore un avenir? Il a été pourri par des problèmes internes ridicules, et par un positionnement qui semble manquer de clarté. Il y a pourtant un espace énorme entre l’UMP de Sarkozy et le PS, un espace qui est suffisant pour rassembler un nombre immense de français, d’autant plus qu’il vient d’être abandonné par EE. Il est peut être important aujourd’hui d’appuyer sur ce point plutôt que de se placer dans la position de l’arbitre et de l’opposant. Tout le monde peut être arbitre, tout le monde s’oppose, et c’est une stratégie qui n’est pas durable. L’espace démocrate est réel, et Bayrou a trop cru qu’il lui était soumis de fait. A lui maintenant de savoir franchir le cap du centrisme d’opposition au centrisme de gouvernement. Il l’a un peu fait pendant la dernière semaine des élections, mais c’était sans doute beaucoup trop tard, et l’absence de campagne ne permettait de toute façon pas d’imposer cette image là.

Le score du FN est lié à l’abstention. Je ne l’analyse pas autrement. Je ne crois pas que le débat sur l’identité nationale ait changé grand chose. C’est le genre de parti qui remonte naturellement quand les choses ne vont pas très bien, par démobilisation des uns ou ras le bol des autres. Ils vont bien faire chier l’ump pour le deuxième tour, qui sans triangulaires, aurait pu récupérer 2 ou 3 régions face au PS. Là, on file tout droit vers le statu quo dans toutes les régions, y compris en Alsace qui ne devrait pas basculer.

Bref, grand retour du bloc contre bloc, du bipartisme et des partis satellites. pfff…

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L’état désintégré

Je dois ici évoquer brièvement ma situation personnelle. Je suis diplômé de l’enseignement supérieur. Une formation universitaire solide dans les domaines de la gestion. Une grande école de commerce, parmi les dix meilleures du pays. Je n’ai pas attendu plus longtemps pour créer une entreprise, une SARL dans un secteur aujourd’hui sinistré. Après trois ans d’âpre lutte pour son développement économique, le projet a échoué. Liquidation. Dépôt de bilan.

Depuis quelques mois, je fais donc ce que chacun ferait dans ma situation. Je cherche du travail. J’ai pu bénéficier d’un programme de retour à l’emploi pour futurs cadres égarés. Financé sur les deniers publics, ce processus est mis en pratique par un organisme privé. Sur la base d’entretiens individuels et collectifs, chacun y fixe ses champs de compétences, y construit son projet. Je ne fais pas mystère que ce programme m’a servi bien plus que tous les conseils qu’un agent de Pôle Emploi aurait pu m’offrir.

Réaffirmer le rôle de l’état ?

Et voilà que toute fin décembre, je reçois un courrier du Département du Val de Marne, mettant fin sans préavis et de manière immédiate à tous les programmes prodigués par cet organisme. La raison invoquée  est, pour résumer, la réaffirmation du rôle central de l’état dans la recherche d’un emploi. Les organismes privés sont donc mis au pilori, et un conseiller de Pôle Emploi ne devrait pas tarder à me contacter.

« Je suis au regret de vous informer que cette action ne pourra pas être poursuivie au-delà du 31 Décembre 2009.

En effet, la loi du 1er Décembre 2008 généralisant le RSA et réformant les politiques d’insertion clarifie le champ des responsabilités entre le Service Public de l’emploi et le Département et affirme, en particulier, que l’accompagnement vers l’emploi  relève de la compétence pleine et entière de Pôle Emploi.

De ce fait, Pôle Emploi a vocation à assurer la mise à disposition d’actions d’accès à l’emploi. »

Extrait de la Lettre reçue du Conseil Général du Val de Marne le 27 Décembre

La lettre réaffirme donc avec force le rôle social de l’état. Pôle Emploi étend son champ de résonnance. Il va développer un certain nombre de programmes jusque là pratiqué par des organismes privés. Après tout, on se rappelle du mini-scandale de l’automne concernant ces dépenses somptuaires versées à des agents privés pour la formation ou l’aide à l’emploi. Malgré tout, ces explications me semblent un peu floues, et avec une curiosité certaine, je décide d’appeler mon conseiller individuel (celui de l’organisme privé).

Masquer un désengagement réel ?

Très vite, la lettre prend un autre sens. Suppression de la taxe professionnelle, manque de moyens des collectivités, suppression de dépenses inefficaces… La recentralisation est en marche et les régions comme les départements doivent anticiper des marges de manœuvre qui se réduisent d’année en année. Bref, je ne dois pas compter sur Pôle Emploi pour m’aider plus qu’avant. Autre détail amusant, l’organisme privé en question, qui emploie plusieurs personnes, n’a été averti que toute fin décembre que ses financements étaient suspendus à partir du 1er janvier. Un peu cruel…

Cette anecdote fait écho à une aventure quasi-similaire vécue au mois de janvier 2008. Comme je l’ai déjà mentionné, j’étais à cette époque Gérant d’entreprise. Pour ce projet, j’avais bénéficié d’aides d’organismes publics et privés divers parmi lesquels l’ACCRE et ses chèques conseils. Tous les semestres, j’avais l’occasion de faire un point financier et stratégique avec un conseiller pendant quelques heures Je lui réglais les sommes dues avec ces fameux chèques-conseils. En janvier 2008, pour le troisième rendez-vous, n’ayant pas reçu mes chèques, je lui demandai un délai de règlement, délai accepté. Je ne recevrai ni chèques ni lettre d’explication. Il me faudra là encore appeler pour apprendre que les financements étaient réduits et que certains contrats en cours ne pouvaient plus être tenus. Pour le rendez-vous mentionné, l’entreprise devrait payer.

L’état, ce sprinteur aux yeux bandés

Récurrents et soudains, ces évènements passeront inaperçus pour 99% de la population. Ils révèlent pourtant quelques tares de nos gouvernants actuels, qu’on retrouve dans bien d’autres décisions prises au gré du quinquennat.

  • Les décisions sont prises à toute vitesse, sans réflexion profonde des conséquences et de leurs solutions. Il vaut mieux faire vite que bien. Les principaux intervenants ne sont pas consultés ni même prévenus suffisamment tôt pour se retourner. On vous annonce que dans trois jours, vous n’aurez plus de financement de l’état. On supprime un impôt sans prévoir une compensation financière, car le déficit n’a pas d’importance. On met en place une taxe carbone si tard et si mal que le conseil constitutionnel l’annule quelques jours avant sa mise en application. On annonce aux clubs sportifs de haut niveau que leurs dérogations de charges sociales disparaitront au 1er janvier, contre les engagements pris, alors même que la majorité des contrats de travail s’achèvent au mois de juin ou juillet.
  • L’état centralisateur veut assécher les ressources des collectivités locales. Cela limite la portée de pouvoirs inféodés à la cour élyséenne, et les dépenses d’ordre social, si critiquées et financées pour beaucoup par les régions et les départements. C’est l’état unique et total. Encore une fois, la démocratie et l’équilibre des institutions en prennent un coup, comme dans les projets de réforme territoriale, qui soulèvent plus de questions qu’ils n’offrent de réponses.
  • L’état oublie la crise. Plus que jamais en temps de dépression, l’état doit être juste. Il doit trouver un équilibre et ne pas attiser les rancœurs ou les aigreurs. Créer le bouclier fiscal et réduire les dépenses sociales, c’est prendre le risque de déstabiliser une société malade. Débattre d’une appartenance exclusive, c’est attiser les haines et construire des barrières artificielles. En temps de croissance et d’emploi général, l’état peut activer des leviers qui lui sont interdits aujourd’hui. En politique comme en toute autre chose, le contexte compte. Et le contexte d’aujourd’hui, c’est la crise. L’état ne doit donc pas oublier de protéger ses citoyens les plus fragiles.
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Le mythe éolien

Je ne crois pas aux éoliennes. Je ne crois pas. L’expression a quelque chose de sacré. Croire ou ne pas croire, le choix vous place d’emblée aux côtés de Nicolas Hulot le gentil ou de Claude Allègre le méchant. Le combat est idéologique, quasi religieux. Le bon protecteur d’un côté, l’hérétique de l’autre. Je ne crois pas aux éoliennes. Ah !! Le fou !! Il veut donc détruire le monde, il nie le réchauffement climatique, il ne pense pas à l’homme de demain. Ni l’un, ni l’autre, bien au contraire.

Ça chauffe…

Un siècle sépare ces deux photos

Un siècle sépare ces deux photos

Il y a bien un changement climatique, caractérisé par un réchauffement planétaire. On peut bien fouiller les e-mails des membres du GIEC, les chiffres restent implacables. Le rythme des catastrophes naturelles augmentent, la mer monte, la température s’élève, le tout à une vitesse jamais observée. On ne sait pas si cela va durer, mais les scientifiques pensent que oui. Ils disent que l’accélération vient de l’activité humaine, de la pollution au CO2. Je veux bien les croire. Je suis un amoureux des montagnes. J’aime regarder les glaciers, leurs reflets, leurs chutes de sérac. Je connais bien ceux des Alpes, et il faudrait être aveugle pour ne pas constater leur net recul. Le phénomène n’est pas local. En Amérique du Sud comme dans l’Himalaya, l’approvisionnement en eau de grandes mégalopoles provient des glaciers. L’avenir s’y écrit désormais en pointillés. Au moyen-âge pourtant, on traversait à pieds certains cols aujourd’hui englacés du massif du Mont Blanc, preuve que le changement climatique est la règle et non pas l’exception. Il existe différents cycles, trentenaires, centenaires, millénaires, ou encore solaires, lunaires, terrestres… Je laisse les explications aux météorologues avertis. Mais si le changement est la règle, les plus anciennes mesures du climat ne laissent apparaître aucun phénomène d’une ampleur équivalente à ce que nous connaissons aujourd’hui.

Il y a bien un changement climatique, et il y a urgence. 10 ans pour agir, c’est le slogan de Yann Arthus Bertrand. Et après quoi ? On nous prédit l’enfer climatique, on nous annonce la disparition des hommes de la surface de la terre. Tout cela, je n’y crois pas. Les prêcheurs de l’apocalypse existent depuis toujours. Il y a toujours un intérêt politique ou économique derrière. Yann Arthus Bertrand vend ses millions de livres photos. Les partis écologistes trouvent un moyen d’impacter l’opinion publique pour défendre leur vision sincère d’un monde plus proche de l’environnement. La paranoïa a vite fait de s’emparer des populations comme des gouvernants. Il faut agir, vite. Les éoliennes sont propres. Faisons des éoliennes. Ailleurs, on refuse le nucléaire, énergie non renouvelable – n’en déplaise à nos ministres – alors qu’on se chauffe au charbon. Il y a dans tout cela plus de communication que de politique. L’éolien représente en France moins de 1% de la production d’électricité. A l’horizon 2020, on espère atteindre 5% pour un parc de 8000 appareils. L’éolien fait joli dans le  « bilan écologique ». Il n’est pourtant pas une voie d’avenir pour repenser la politique énergétique d’un pays comme la France, qui ne dispose que de trop peu d’espaces désertés par l’homme. Car l’éolien n’est pas anodin. Il pose de vrais problèmes de santé publique, et il n’est que la reproduction d’un modèle de production d’énergie qu’il faudrait repenser de manière structurelle.

L’erreur historique ?

La mer, un nouveau terrain pour les éoliennes? Trop cher pour les industriels qui poussent leurs projets terrestres

La mer, un nouveau terrain pour les éoliennes? Trop cher pour les industriels qui poussent leurs projets terrestres

Dans les campagnes françaises, on s’est précipité pour louer quelques lopins de terre à des prix record. Le niveau de vie dans les zones rurales, en particulier celui des paysans, ne leur offrait pas vraiment de choix. Comment refuser un tel afflux monétaire quand on peine chaque mois à joindre les deux bouts ? Les éoliennes ont donc poussé un peu partout, bénéficiant d’une loi favorisant leur implantation à proximité des zones habitées. La France impose 500 mètres de distance quand de nombreux scientifiques s’accordent sur une zone d’au moins 2km autour de l’appareil pour éviter tout risque. Effet stroboscopique du défilement des pales, maux de têtes ou bruit irrégulier et assourdissant constituent les principaux maux que nos concitoyens ont découverts a posteriori. Aujourd’hui, beaucoup regrettent, et de nombreuses associations sont nées pour empêcher les mêmes erreurs de s’accumuler sur tout le territoire. Dans une parfaite union, responsables politiques, écologiques et lobbys industriels affirment qu’il n’y a aucune preuve de tels effets, qu’ils sont probablement psychologiques. Où est donc passé le sacro saint principe de précaution ? Tout ce petit monde se trompe, par intérêt économique, par calcul politique ou par erreur historique.

L’habitat français est trop dense, et les éoliennes posent par-dessus tout un vrai problème… environnemental. On cherche à installer les machines à vent dans les zones inhabitées, dans les montagnes par exemple. Sur les hauts plateaux on trouve du vent. Allez expliquer aux stations de montagne à qui on demande de se diversifier, car le manque de neige guette, que leur paysage va désormais être pollué par les éoliennes. Un problème en remplace un autre. Pour que les éoliennes constituent une base crédible de notre énergie, disons 15%, autant que l’énergie hydraulique, il faudrait 30 000 appareils sur tout le territoire. On comprend que les grands espaces du Texas soient favorables à l’implantation de telles quantités. Ça parait plus difficile, voire impossible, dans l’hexagone. Maintenant, imaginez une grosse patate anticyclonique russe venant se déposer en plein mois de janvier sur le pays. Vent nul, froid glacial. Consommation d’électricité au sommet, production en berne.

Des bulles qui n’explosent pas

Une ville écolo au pays du Roi Pétrole?

Une ville écolo au pays du Roi Pétrole?

Je pense que les éoliennes répondent à un schéma de production d’électricité qu’il faut dépasser. La production à un point A pour fournir une zone élargie ne doit plus s’imposer comme la solution absolue. Pour penser le monde du futur, il faut penser à des bulles de vie auto-suffisantes en énergie. Dans le Golfe Persique, on construit une ville modèle sous le nom de Masdar. Elle pourra accueillir 50000 habitants et 50000 résidents ponctuels. Cette ville concept bâtie sur rien consommera 4 fois moins qu’une ville « actuelle » de taille comparable. Un certain nombre d’astuces seront mises en œuvre contre la chaleur et formeront une climatisation naturelle. Un système de réseau souterrain de voitures électriques collectives limitera temps de déplacement et consommation. Et l’alimentation en énergie sera assurée en quasi intégralité par un réseau photovoltaïque : une centrale thermique solaire et des panneaux installés sur les toits.

Alors bien évidemment, nous ne sommes pas les Emirats Arabes Unis. Nous avons moins de soleil, et nos villes sont déjà construites. On ne pourra pas atteindre de telles économies, on ne pourra pas non plus permettre l’autosuffisance totale pour des bulles de vie dépassant un certain nombre d’habitants. Mais il existe des techniques pour réduire la consommation d’énergie sans changer nos modes de vie, sans passer par la théorie un peu rapide de la décroissance. Et il existe des solutions qui me semblent plus en phase avec l’avenir. L’énergie photovoltaïque, contrairement à l’éolien dispose de futurs gains d’efficience considérables. Les technologies en la matière vont progresser, et sa capacité d’adaptation à nos univers urbains est idéale. Une politique ambitieuse en la matière imposerait à chaque nouvelle construction une surface de toiture allouée à des panneaux solaires. Cela devrait être la norme, pas l’exception. A cela s’associerait une politique de grands travaux qui repenserait nos modes de déplacement, nos habitudes de consommation, et qui utiliserait de manière plus efficace l’énergie disponible. Le Grand Paris aurait du fédérer et canaliser ces nouvelles ambitions environnementales et énergétiques. Le symbole était séduisant, mais il n’en sera rien.

A Copenhague, on fixera cette semaine des objectifs de réduction de CO2. On n’atteindra aucun de ces objectifs si nos seules ambitions en la matière consistent à redistribuer 3% d’énergie nucléaire en énergie renouvelable. On ne l’atteindra pas si on continue à prioriser les éoliennes, qui ne constituent pas la voie la plus efficace et la plus prometteuse pour notre pays. Par une politique ambitieuse et coordonnée de grands travaux, nous les dépasserons. La question est de savoir si nous voulons être des pionniers ou des suiveurs, d’autant plus qu’il n’y aura pas plus belle occasion de sortir de la crise L’état stratège a encore de beaux jours devant lui.

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Pour un véritable Fonds Monétaire Européen

Le bourbier du Traité de Lisbonne n’a rien arrangé certes, mais cela fait bien longtemps que le citoyen attentif se demande où peut bien nous mener l’Europe actuelle. Elle n’a pas vraiment de visage, ses valeurs sont floues et diluées dans les Etats, qui avancent d’un pas pour mieux reculer ensuite. Elle est le coupable idéal des politiques impopulaires. Elle génère méfiance et retenue quand elle devrait symboliser progrès et espérance. L’Europe, en effet, a besoin de grands projets pour avancer. Elle a mis en place le marché commun, créé l’union politique et aboli ses frontières internes. Elle a accompli l’immense projet Euro et sa politique monétaire est au moins commune pour limiter l’inflation. L’Europe a besoin de grands projets, et elle n’en a plus vraiment.

L’Europe doit être un acteur indépendant de la mondialisation et du développement humain. Elle doit être porteuse d’un discours commun, fidèle à son histoire et à ses convictions. Pas d’impérialisme bravache ni de relents colonialistes ici, non. L’Europe n’est qu’un pôle de décision et de richesse parmi d’autres dans la mondialisation, elle n’est pas hégémonique. Vous me direz qu’elle n’a pas les moyens de l’être, de toute manière. Le FMI, étendard de la puissance américaine, seul pays à disposer du droit de véto en son sein, joue seul au Monopoly depuis trop longtemps. La politique hétérogène des pays européens, incapables de formuler un message alternatif commun, ne mène à rien, si ce n’est à renforcer un visage de la mondialisation qui n’est ni souhaitable, ni le notre. C’est pourquoi j’en appelle à la création d’un Fonds Monétaire Européen, alter ego du FMI, mais au parti pris rigoureusement différent.

Le FMI, tout un programme…

DSK, lactuel patron du FMI

DSK, l'actuel patron du FMI

Créé au soir de la deuxième guerre mondiale pour financer la reconstruction du monde et en particulier de l’Europe, le FMI a depuis longtemps abandonné ses desseins originels. D’inspiration Keynesienne – soutien de la consommation et grands travaux d’investissement – il s’est, à partir des années 80 et sous l’influence anglo-saxonne, rallié au Dieu marché, valeur supérieure à toutes les autres. Pour certains, cette conception est l’aboutissement sordide du libéralisme. J’y vois beaucoup plus une transgression de son idée même. Le libéralisme avait placé l’individu et son épanouissement au centre de ses préoccupations. Le libre-marché était un moyen et non un but. Un pan entier de la pensée libérale a vite soutenu que l’état pouvait agir et contrôler l’économie, lorsque le marché fonctionnait de manière imparfaite, comme c’est parfois le cas. Les années 80 allaient imposer le concept, pas nouveau, mais purement théorique, que le marché est roi et de la finance est reine. C’est le consensus de Wahsington. C’était la nouvelle vision du monde, celle de Thatcher et de Reagan. Une simple idéologie, sans preuve expérimentale de son efficacité. Et comme toujours, les idéologies se heurteraient à la réalité.

Cette vision du monde n’a jamais été unique. L’Europe continentale a souvent dit autre chose. Qui n’a jamais entendu parler des mérites du modèle scandinave, son exigence sociale et ses performances économiques ? En France, les voies suivies n’ont pas toujours été claires, c’est le moins que l’on puisse dire, mais l’état n’a jamais été mis au rebut de l’économie. Il n’a jamais abandonné sa population à la loi du marché. L’Asie aussi a parlé autrement. Cela n’a pas empêché le Japon ou la Chine de devenir d’éminentes puissances. Pourtant, c’est la position anglo-saxonne, appliquée par le FMI, qui s’est toujours imposée lors des négociations avec les pays en développement. Libéralisation, Privatisation et Austérité ont été les trois piliers des politiques du FMI ces 30 dernières années. Les résultats sont catastrophiques, comme le montre si bien Joseph Stiglitz dans son pamphlet La Grande Désillusion.

Dans un monde idéal, un pays est un acteur indépendant. Il dispose de la pleine jouissance des décisions en matière politique. Dans le monde moderne, le FMI impose ses vues à l’ensemble des pays en difficulté. Le FMI donne des notes. Si elles sont mauvaises, le pays perd non seulement l’aide du FMI, mais de la quasi-totalité des investisseurs privés. Puisqu’il n’y a aucune autre institution vers laquelle se tourner, le pays n’est pas en position de négocier, même lorsqu’il considère à juste titre que les solutions préconisées sont néfastes, ce que l’expérience a bien souvent révélé. Cette position de monopole est quelque peu cocasse pour une institution qui vante les bienfaits du marché. L’existence même du FMI prouve que les marchés sont imparfaits, et que l’intervention d’agents extérieurs est parfois nécessaire. Plus encore, une institution publique ne saurait réussir qu’avec indépendance vis-à-vis d’intérêts particuliers. Le FMI est-il indépendant du monde financier ? Le FMI est-il indépendant des Etats-Unis ? Une institution publique ne saurait non plus réussir sans pragmatisme. Le FMI sert pourtant une idéologie. Et celle-ci n’est pas au service du développement et de l’enrichissement du plus grand nombre.

La réflexion nous invite dès lors à rechercher les solutions. La première serait de réformer le FMI. Il faudrait pour cela en modifier profondément la gouvernance et les pratiques. Nous verrons ce que Dominique Strauss-Kahn réalise, lui qui n’a jamais été un partisan du consensus de Washington. Cependant, le droit de véto unique offert aux Etats-Unis, la position prédominante de la sphère financière privée dans ses offices ou l’absence de discussion avec les pays aidés semblent constituer un biais rédhibitoire. Je pense qu’une autre voie est possible, menée par l’Europe pour une politique globale de développement. Je vantais tout à l’heure les grands projets européens, ceux qui ont posé les bases identitaires de l’Union Européenne. Si une vision commune de la mondialisation et du développement doit exister en Europe, il n’y aura pas de meilleure époque. La voie d’une politique commune de l’Union dans la Mondialisation est un projet immense et ambitieux. Elle obligera nos dirigeants à porter ensemble des valeurs communes sur le développement humain, la mondialisation ou la pauvreté. Pourtant, la vieille Europe a tout à gagner. Sa légitimité sera renforcée, à l’intérieur comme à l’extérieur de ses frontières. Son message sera cohérent, et il sera entendu comme tel.

L’Europe, le développement, la mondialisation, le Grand Bazar…

Aujourd’hui pourtant, l’Europe est aussi diverse que le nombre de ses membres. La majorité des interactions entre Etats européens et Etats tiers se fait de manière bilatérale. La dette entre états représente 2/3 de la dette globale des pays en développement. Chaque état se plaît à discuter avec ses partenaires privilégiés, souvent liés par une histoire commune. Les entreprises nationales, publiques comme privées, en profitent pour signer de juteux contrats. Parfois même, de l’argent disparait mystérieusement… La règle de l’indépendance est donc majoritaire. Et s’il existe un Fonds Européen du Développement, il n’y a pas de politique européenne concertée. Une coopération est pourtant possible, comme en attestent les réunions du Club de Paris, et les décisions qui y sont prises. Lorsque le poids de la dette devient trop lourd pour un pays, qu’il ne peut plus rembourser, les états créanciers se réunissent pour agir de concert sous la forme du Club de Paris. Ses membres vont parfois jusqu’à annuler la dette d’un pays. Les états européens pratiquent alors une politique commune vis-à-vis des pays en développement. Pourquoi ne pas afficher cette cohésion de manière plus générale ?

Un pays membre de lUE peut-il faire faillite?

Un pays membre de l'UE peut-il faire faillite?

Pour beaucoup, la mondialisation est néfaste, et chacun ferait bien de rester chez soi. Pourquoi prêter à des pays tiers ? Pourquoi ne pas utiliser cet argent pour le propre bonheur de ses ouailles ? Pour rassurer ceux là, on pourra toujours dire que jusqu’à présent, la mondialisation a surtout profité aux plus privilégiés. Les politiques du FMI ont ouvert toujours plus de marchés aux financiers de Wall Street, quand les droits de douanes américains ou les subventions agricoles européennes anéantissaient les espoirs de développement des pays pauvres. Mais le propos n’est pas là. La mondialisation peut et doit bénéficier à tous. Le développement crée la richesse. Et s’il y a plus de richesses à partager, et que cette richesse est mieux répartie, chacun en profitera. Un monde plus prospère sera moins enclin à l’instabilité ou à la guerre, et la question environnementale ne se règlera pas en claquant des doigts. Les derniers sceptiques observeront que l’Union Européenne n’est plus à l’abri d’insolvabilité. La crise rend la situation de certains états préoccupante. Des pays tels que l’Espagne, la Grèce ou l’Irlande ne sont pas à l’abri de problèmes majeurs dans un futur proche. Une tribune, publiée dans Les Echos en Février 2009 par Stéphane Cossé et Guillaume Klossa, précise que : « La zone euro s’est en fait constituée sans créer un outil essentiel à son fonctionnement, un mécanisme de solidarité financière conjoncturel, un Fonds monétaire européen ». Le FME qu’ils préconisent se contente de mimer le FMI dans le cadre de prêts intra-européens. Je ne pense pas que l’Europe ait besoin d’une institution si limitée. Et la création d’un Fonds Monétaire Européen doit révéler d’autres ambitions.

Vers un Fonds Monétaire Européen

De nos jours, La construction européenne est remise en cause par beaucoup. La volonté des Etats de garder une certaine indépendance, le manque de moyens budgétaires et l’opacité des décisions égratignent l’image d’une Union qui se voudrait plus harmonieuse. Pour relancer l’Europe, il faut fédérer ses forces autour d’un projet ambitieux, porteur de quelque chose de profond. « Promouvoir le progrès économique et social, ainsi qu’un niveau d’emploi élevé, et parvenir à un développement équilibré et durable. », dit l’article 2 du Traité de Maastricht. L’Europe, c’est l’éducation, c’est le développement durable, c’est la prospérité, c’est le plein emploi. C’est ce que nous sommes, et pour un projet commun, voilà qui est déjà pas mal. Et c’est l’institution européenne qui doit défendre ces valeurs au-delà des frontières. Le Fonds Monétaire Européen ne peut être qu’un simple aparté en plus des politiques menées nationalement par les états européen. Sa création implique l’arrêt des prêts bilatéraux, remplacée par une politique européenne globale. Le Fonds Monétaire Européen rassemblerait les compétences suivantes :

La gestion des créances existantes de l’ensemble des pays de la zone euro pour une politique parfaitement coordonnée et cohérente. Les prêts bilatéraux seraient progressivement cédés à cette nouvelle institution. L’annulation de la dette des pays les plus en difficulté ne sera pas un sujet interdit.

Un système de prêts aux Pays en développement ou aux pays en difficulté : Contrairement au système du FMI, le FME n’entend pas imposer ses vues. Le pays propose un dossier de situation et un plan pour l’avenir. Un pays qui refuse l’aide du FMI se voit donc offrir une nouvelle opportunité. Le FME est attentif aux aspects sociaux et environnementaux. Il exige le respect des libertés et l’éducation pour tous.

Un système de micro crédit ou d’aides non remboursables en faveur d’agents individuels pour des projets particuliers répondant à certains critères de développement humain.

Le FME sera donc un concurrent du FMI en tant qu’institution financière internationale. Il intègrera notamment les Fonds Européens de Développement (FED et FEDER). Son indépendance vis-à-vis d’intérêts étatiques ou privés sera affirmé. Une taxe sur les produits financiers pourra assurer son financement de départ, même si d’autres solutions sont envisageables. La dynamique créée sera sans précédent pour l’Union Européenne, et ce en regard de plusieurs éléments. La création du FME renforce l’euro comme monnaie de référence face au dollar. Elle façonne l’image d’une Europe qui parle d’une seule voix, unie dans la Mondialisation. Elle renforce la place stratégique de l’Europe dans l’économie mondiale, à un moment où sa place est contestée par plusieurs puissances émergentes. Elle crée une concurrence nouvelle qui incite chacun à plus d’efficacité, et abaisse le coût de l’emprunt pour de nombreux acteurs. Mais elle ne relancera l’idée européenne qu’à une seule condition. Le FME ne sera légitime qu’en toute transparence. Il devra rendre compte de ses activités, motiver ses décisions eu égard des principes européens. S’il remplit cette condition, et révèle une véritable communauté politique, le FME sera un bond gigantesque pour le projet européen.

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Royal, le meilleur atout de Sarkozy

L’apparition était soudaine, inattendue. Démocrates, socialistes et écologistes ont organisé une rencontre inédite le week-end dernier à Dijon.   On y a débattu d’éducation en vue de matérialiser quelque convergence.  L’ambition était grande, la réussite réelle. Les participants quittaient la Bourgogne convaincus d’être dans le vrai, ravis d’avoir lancé un mouvement de construction, inédit dans l’histoire récente de notre Vème République par son côté rassembleur. Robert Hue, l’ancien communiste, y a rejeté les « esprits partisans », il vante désormais les mérites d’un « réalisme politique ». On croit rêver… Son discours est rassembleur, au-delà même de son camp d’origine. Il rejoint la position défendue par le Modem depuis sa création. Il n’y aura pas d’alternative politique à Sarkozy sans rassemblement.  Et ce week-end, à Dijon, la convergence d’idées entre partisans du centre, de gauche ou écologiques a été affirmée par un texte commun publié en conclusion de ce rassemblement.

Des points de concordance réels entre les deux visions de société.

Certains diront que l’éducation est un choix de complaisance, que lorsqu’on abordera la question économique, les choses se compliqueront.  Sans aucun doute, mais là n’est pas l’objet. Les participants  n’ont pas l’intention d’écrire un programme commun, pas plus qu’ils ne veulent construire une nouvelle gauche plurielle élargie au centre. Il ne s’agit pas de fusionner les idées du PS et du MODEM, mais de montrer qu’il existe des points de concordance réels entre les deux visions de société. Le Rassemblement s’est déjà donné rendez-vous à Paris en Janvier pour discuter de la VIème République. Le débat promet d’être passionnant. L’évènement était donc d’importance, rien de moins que la construction d’un large front de proposition face à la politique du gouvernement actuel.  A  situation exceptionnelle, ces hommes et femmes avaient répondu en franchissant i le Rubicon, parfois contre l’avis des généraux de leur parti. On avait d’ailleurs pris soin de ne convier aucun présidentiable pour ne pas altérer le message à retenir : Discuter, Proposer, Rassembler. Et pourtant…

Le comportement de Royal dans tout cela est misérable…

L’apparition était soudaine, inattendue. Ségolène Royal s’est invitée, comme il lui arrive de faire, dans cette réunion, une caméra de TF1 dans ses valises. Elle n’avait rien à y dire, juste une image à restaurer. Le charme était rompu. La forme s’imposait au fond. C’était le duel Royal Peillon.  De Dijon il ne restera plus que ces images de starlette venue saluer la plèbe, d’insultes à peine voilées par médias interposés, d’un parti qui continue de se déchirer. On pourra regretter les choix éditoriaux qui ont omis d’évoquer ce qui comptait vraiment. On pourra s’alarmer d’une information qui sélectionne si mal ses sujets. Mais le comportement de Royal dans tout cela est misérable. Il reste deux ans et quelques mois pour qu’une alternative crédible puisse naître, qu’une autre vision de société soit proposée aux Français. Que ce soit celle de Bayrou, de Royal, de Strauss-Kahn ou d’un autre n’a aucune importance aujourd’hui. Le premier tour de l’élection présidentielle tranchera. Mais aucun de ceux là ne battra Sarkozy sans rassembler une majorité d’électeurs autour d’un certain nombre de thèmes communs aux différents programmes : éducation, démocratie, Europe, société, mondialisation…  C’est l’enjeu des mois à venir : éclairer les citoyens en vue du second tour, pour que le bon choix soit alors sans équivoque.  Et Ségolène Royal se trompe si elle pense que son magnétisme suffira à la faire accéder au trône.

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Un coup de pied au cul pour la fessée…

Au détour de l’actualité, on tombe parfois sur des propositions de loi surprenantes. L’interdiction de la fessée, introduite par la députée UMP Edwige Antier en est une. L’argumentation se base sur le précédent suédois et l’expérience empirique de la parlementaire, pédiatre de métier. Dans un régime qui voulait rompre avec l’esprit de Mai 68 et restaurer une société plus autoritaire et hiérarchique, l’intuition a de quoi étonner. Elle l’est moins lorsqu’on constate avec quel désordre est désormais menée l’action de la majorité. Le chef de l’état entretient un règne médiatique, toujours prêt à bondir sur l’émotion suscitée par un évènement tragique, apte à proposer quelque loi à même de satisfaire l’opinion publique. Pour les députés de la majorité, la conclusion est limpide. Pour proposer une idée, inutile d’aller brailler dans la cour de l’Elysée. Il est désormais préférable de créer un débat public sur un thème particulier, sans prendre le pouls du camp majoritaire. La politique de l’UMP en devient illisible, bardée d’informations contradictoires. Xavier Bertrand et Eric Besson se sont empressés de remettre de l’ordre, comme ils disent si bien, en fessant publiquement Edwige Antier.

Mais revenons au fond, car le fond est ici intéressant. Ewige Antier affirme que la fessée est une violence faite à l’enfant, qu’un traumatisme en résulte et que les enfants non soumis à ce « châtiment corporel » deviennent des adultes mieux équilibrés, plus polis. Il est vrai que la fessée n’est pas un acte gratuit. La fessée est douloureuse pour l’enfant, et le parent responsable doit savoir en user avec parcimonie, le moins possible. Son abus gratuit doit être proscrit, mais il l’est déjà par la loi. La fessée est donc un « châtiment ». L’est-il plus que la privation de dessert ? L’est-il davantage que l’interdiction de sortie ? L’est-il autant que l’humiliation ou l’insulte publique, bien trop souvent mises en pratique par des parents maladroits ? La fessée fait partie des actes sanctionnant un comportement non souhaité ou interdit de l’enfant. Doit-on tous les interdire? En fonction du contexte et de l’enfant, la fessée peut être un moyen privilégié. Pour l’enfant, la sanction est un repère, la ligne de démarcation à ne pas franchir. L’enfant s’amuse d’ailleurs souvent à frôler les limites, à se placer en équilibre sur le fil imaginaire. Il apprend comme cela à jouer avec les règles de manière plus ou moins adroite. La sanction est donc une marque qui permet à l’enfant de progresser par expérience. Si elle est proportionnée, elle ne sera pas considérée comme un traumatisme, fessée ou pas fessée.

Mais après tout, chacun est libre d’éduquer ses enfants selon son vœu. C’est un principe primordial. Je n’irai pas imposer ma vision des choses à un parent qui rejette totalement l’idée de punition physique à son enfant. Je ne me permettrai pas, je n’ai pas d’enfant. Je considère que, dans le cadre familial, les parents sont responsables de l’éducation de leurs enfants, qu’ils seront toujours mieux placés que l’état pour choisir une solution appropriée dans une situation donnée. Tout cela relève du cercle privée de la vie familiale, et l’état n’a pas à y intervenir tant que les principes républicains sont respectés. A moins de considérer que la fessée porte atteinte à l’intégrité physique de l’enfant et peut constituer un traumatisme durable et important dans sa vie future, ce qui me semble être grand raccourci, il n’y a donc aucune raison qu’un décret légifère sur le sujet.


L’école et la famille sont les deux socles républicains en matière d’éducation et d’apprentissage. L’état défenseur de l’école améliore l’éducation des enfants de la république. Il leur donne les clés de la vie en société, du civisme et de la culture. Il développe la capacité d’analyse et d’ouverture de futurs parents, qui seront mieux à même ensuite d’éduquer leurs enfants. L’état actuel, pourtant, ne défend pas l’école. Par ailleurs, l’état doit mettre en place les meilleures procédures pour détecter l’enfant maltraité. L’école, le médecin traitant, l’enfant lui-même – s’il en prend conscience – peuvent agir. Mais la violence, particulièrement en temps de crise, peut venir de la société elle-même. Le champ d’action de l’état y est immense, il a les moyens d’agir sur les grands équilibres de notre société. C’est triste, mais il préfère s’intéresser à des peccadilles…

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